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Île industrielle devenue berceau des artistes C'est à la fin des années 1970 que la métamorphose de Granville Island a commencé.C'est à la fin des années 1970 que la métamorphose de Granville Island a commencé. D'un parc industriel de 37 âcres qui tombait en décrépitude dans False Creek, l'île est devenue sans doute le projet de réaménagement urbain le plus réussi de toute l'Amérique du Nord. Même si Granville Island a énormément changé depuis l'époque industrielle, elle a conservé certains vestiges du passé. Quelques-uns des premiers établissements de l'île existent encore : la cimenterie Ocean Construction Ltd., sur la rue Johnston depuis plus de 80 ans; Micon Industries, fabriquant d'outils de forage, qui s'est réinstallé sur la rue Anderson dans les années 1960. Ces deux entreprises prospèrent encore aujourd'hui et incarnent le passé de l'île. Au siècle dernier: au tout début![]() Il y a cent ans, Granville Island n'existait pas. On trouvait par contre une petite ville usinière appelée Granville, qui fut renommée Vancouver en 1886 à l'arrivée du chemin de fer Canadien Pacifique. Par la suite, l'ancien nom de la ville a été donné à la principale voie de circulation nord-sud, la rue Granville, qui longeait le petit bras de mer appelé False Creek. À la fin du XIXe siècle, False Creek faisait plus du double de ce qu'il est aujourd'hui; de ses bas fonds intertidaux s'élevaient deux bancs de sable qui s'étendaient le long du premier pont en bois de la rue Granville. Ces deux bancs de sable allaient devenir Granville Island. Depuis toujours, les membres des Premières nations utilisaient pour pêcher les bancs de sable naturels, en forme de corral. Lorsque les colons se sont établis dans la région, ils ont voulu les détruire pour en faire soit un cours d'eau assez profond pour y naviguer, soit une étendue de terre ferme qu'ils pourraient acheter, vendre et exploiter. À la fin du siècle, baignant dans une atmosphère rappelant le Far West, Vancouver a été le théâtre de toute une série de conflits, de prises de possession de terres, de conspirations et de stratagèmes d'entreprises. Comme personne n'arrivait à s'entendre ou à s'imposer, les bancs sont restés inexploités pendant encore 20 ans. Au début du 20e siècle: le boom industriel En 1909, un deuxième pont traversant la crique a été construit dans le prolongement de la rue Granville, cette fois-ci en acier.En 1909, un deuxième pont traversant la crique a été construit dans le prolongement de la rue Granville, cette fois-ci en acier. En 1915, le port de Vancouver prenant rapidement de l'expansion, la toute nouvelle Vancouver Harbour Commission a approuvé un projet de mise en valeur : on allait construire une île de 35 âcres, liée à la terre ferme par un pont routier et ferroviaire à son extrémité sud. Près de un million de verges cubes de terre de remplissage a été dragué des eaux environnantes de False Creek et entassé pour former une large crêpe sous le Granville Street Bridge. À lorigine, l'île avait été baptisée Industrial Island, mais le nom qui lui est resté est plutôt celui du pont qui la surplombe. Le coût total de la mise en valeur, en 1915, s'élevait à 342,000 $. Dans les années 1920, False Creek était le carrefour du sciage du bois d'oeuvre dans le sud de la côte britanno-colombienne. Toutefois, les premiers occupants de Granville Island ont préféré se lancer dans les industries secondaires plus récentes liées aux secteurs de la foresterie, de l'exploitation minière, de la construction et du transport maritime. La toute première entreprise qui s'est installée sur l'île, B.C. Equipment Ltd., a donné le ton en construisant à l'extrémité ouest de l'île un atelier d'usinage à ossature de bois, entièrement revêtu de panneaux de tôle ondulée. (Aujourd'hui, ce bâtiment forme une partie du marché public de Granville Island.) En 1923, presque tous les lots étaient occupés, principalement par des bâtiments semblables, toujours en tôle ondulée. Dans les usines de l'île, on fabriquait bardeaux, chaînes, barils, câbles en acier, clous, scies, peinture, ciment, oeuillets, fournaises, ainsi que du matériel industriel de toutes sortes. À son apogée, en 1930, l'île comptait 1 200 travailleurs. La plupart s'y rendaient en tramway. Celui-ci s'arrêtait au milieu du Granville Street Bridge pour laisser descendre les travailleurs, qui devaient emprunter un long escalier, jusqu'à l'île. Il y avait une seule autre voie d'accès : le pont routier et ferroviaire qui liait l'île à la rive sud de la crique. Le début de la grande dépression a marqué la fin du boom industriel. Plusieurs scieries ont fermé leurs portes dans False Creek, et un bidonville s'est formé le long du canal, en face de l'île, sur la rive sud de la crique. (Les squatters y sont restés jusque dans les années 1950, jusqu'à ce que la crainte d'une épidémie de typhoide et un meurtre crapuleux incitent la ville à les expulser.) Les années de guerre: les plus aptes ont survécuLes plus aptes ont survécuLes entreprises du secteur secondaire établies à Granville Island ont survécu à la dépression. Elles ont exercé des pressions sur les contremaîtres pour faire diminuer les loyers et ont cessé de payer les impôts municipaux sous prétexte que la ville n'avait aucun droit sur les propriétés fédérales. L'affaire judiciaire qui a suivi a été portée jusqu'à la Chambre des lords de la Cour britannique, à Londres, la plus haute cour d'appel de l'époque. Les entreprises de l'île ont perdu leur cause, mais, au moment où le jugement a été prononcé, la guerre avait éclaté en Europe et ranimé la demande sur les marchés industriels dont dépendaient les usines de Granville Island. La demande de certains produits (chaînes, câbles en acier, etc.) fabriqués sur l'île s'est emballée après le début de la Deuxième Guerre mondiale, et Granville Island a connu sa deuxième période de grande activité. Comme une bonne partie des jeunes travailleurs s'étaient enrôlés dans les forces armées, les femmes ont pris leur place dans les usines. Granville Island était jugée si essentielle à l'effort de guerre qu'en 1942, après l'attaque lancée par les Japonais sur Pearl Harbor, des cartes d'identité spéciales ont été distribuées aux ouvriers et aux ouvrières pour prévenir l'infiltration de saboteurs. L'incendie spectaculaire qui a ravagé l'usine d'Overseas Wood Products, située en face de Granville Island sur la rive sud de False Creek, a semblé confirmer les soupçons des plus méfiants. Cependant, il témoignait plutôt d'une réalité qui est apparue plus clairement après la guerre : les industries de False Creek tombaient lentement en décrépitude. La fin d'une époque: Le règne de la rouille et de l'asphalte![]() Après la guerre, la demande a chuté, mettant brusquement un frein à la production industrielle. Les scieries, et même les usines de l'île, sont devenues des nids à incendie graisseux et poussiéreux. Pour garder les usines sur l'île, les contremaîtres ont abaissé les loyers à des niveaux sans précédent. Les entreprises en déclin se sont accrochées, mais aucune nouvelle usine du secteur tertiaire n'est venue s'établir sur l'île. Jadis un lieu de pêche fertile, False Creek était devenu un véritable dépotoir à substances toxiques, les usines ayant déversé régulièrement leurs déchets et autres polluants directement dans les eaux du bras de mer. Voyant les entreprises sombrer, les représentants de la ville se sont mis à caresser un projet de remise en valeur : remplir le reste de la crique pour créer d'autres terrains industriels, éliminer la voie navigable (dont dépendaient bon nombre des entreprises qui existaient encore sur l'île) et transformer Granville Island en une parcelle de terre enclavée. En 1950, on a aussi commencé à envisager la construction d'un nouveau pont à huit voies sur Granville Street pour remplacer le pont à travée tournante de 1909 qui obligeait encore à bloquer la circulation pour laisser passer les grands navires. False Creek a été sauvé par le coût estimatif exorbitant du projet, qui s'élevait à 50 millions de dollars. Seulement six âcres de terrain ont été gagnées sur la mer, le long de la rive sud de l'île. Du coup, celle-ci a cessé d'être une île pour devenir, techniquement, une péninsule. Cependant, Granville Island dépérissait à vue d'oeil. Le feu détruisait usine après usine et, plutôt que de reconstruire, les propriétaires allaient installer leur usine ailleurs ou décidaient carrément de laisser tomber. Les camions ont remplacé les barges et les trains comme principal moyen de transport. On était désormais à l'étroit sur cette île flanquée au beau milieu de la ville, si bien que les entreprises ont cessé de s'y intéresser. Lentement, les terrains vacants ont commencé à surpasser en nombre les terrains occupés. Deux projets sont nés de l'urgence d'agir: on proposait soit de remplacer les vieilles usines lourdes par de nouvelles, soit de rendre le front d'eau à nouveau accessible au public. Après nombre de discussions, conflits et expulsions, les représentants de la ville ont enfin décidé de l'avenir de Granville Island : celle-ci allait devenir un endroit public offrant parcs, logements, lieux de spectacles et d'exposition. L'île aujourd'hui: Remise en valeur de l'île![]() Granville Island conserve encore aujourd'hui des traces de ses origines, comme la terre sablonneuse qu'on voit autour de certains arbres. C'est cette même terre, transportée par le courant ayant balayé False Creek au fil des millénaires, qui a été puisée dans les bas fonds intertidaux et remontée à la surface pour former l'île - une plateforme lisse s'élevant exactement 10 pieds au-dessus de la ligne de marée haute. On peut voir aussi des piliers bordant la rive nord de l'île. Ces piliers en acier remplacent les piliers d'origine, qui étaient faits en bois. Le deuxième pont Granville (1909) divisait l'île à l'endroit où se trouve aujourd'hui Old Bridge Street. Les terrains et les bâtiments étroits illustrent la logique de l'utilisation industrielle des terres du début du vingtième siècle : en découpant des terrains de 50 à 60 pieds de large, on permettait aux occupants d'avoir accès à la rive, à une extrémité, et, à l'autre, au réseau ferroviaire de l'île, qui passait à peu près là où se trouvent les rues aujourd'hui. L'absence de bordure et de trottoir permettait aux véhicules roulants, aux camions et aux chariots élévateurs à fourche de circuler librement. Dans les années 1970, grâce à la persévérance de plusieurs visionnaires, le rêve de créer une oasis urbaine unique en son genre est devenu une réalité vibrante, qui continuera d'évoluer et de se transformer dans l'avenir. |
Island HoursHorraire de Granville Island Granville Island Public Market Net Loft Le Granville Island Public Market sera ferme pour le nettoyage les lundis en janvier. Ces dates inclurent: Le Net Loft sera ouvert pendant ces jounees.
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